jeudi 18 octobre 2018

"Venise n'est pas en Italie" de Ivan Calbérac (Flammarion)

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Emile, lycéen de 15 ans, est amoureux de Pauline dont la vie et bien loin de la sienne à Montargis à vivre dans une caravane, en attendant de pouvoir vivre dans une maison, pris entre un père VRP un peu perché et une mère aimante mais qui lui teint les cheveux en blond parce qu'il serait plus beau comme ça.
Il passe du temps avec Pauline, apprend à la connaître et l'aime de plus de plus jusqu'au jour où elle l'invite à Venise pour les vacances. Pour partir il faut qu'il ait l'autorisation de ses parents qui, plutôt que de laisser partir seul, décident de partir avec lui et en caravane.

On suit l'histoire rocambolesque d'Emile en lisant son journal intime. De passages tendres en rebondissements drôles, on apprend à mieux connaître tous les personnes qui l'entourent et qui font qui il est malgré ce qu'il en pense. C'est un livre qui se lit bien qui fait du bien et qui n'est pas réservé aux ados parce que toute histoire d'amour naissante peut ressembler à un flirt de jeunesse.
La fraîcheur de ce roman est idéale pour des vacances ou des voyages en train.

Conseillé dès 14 ans

lundi 15 octobre 2018

Quand le temps s'arrête...

Quand un malheur nous marque, qu'il soit arrivé soudainement ou attendu, qu'il ait une incidence sur le collectif ou sur notre intime, on se se souvient.
On se souvient d'où et avec qui on était, de la musique qu'on écoutait, de l'odeur qu'on sentait, de ce qu'on lisait ou ce que l'on faisait avant que le temps s'arrête.

Quand les deux tours sont tombées, j'étais à Bruxelles avec ma meilleure amie. Quand je suis rentrée dans le bureau de tabac où un petit poste de télé renvoyait les images j'ai cru que le commerçant regardait un mauvais film catastrophe. J'ai compris quand j'ai vu qu'il s'agissait d'une chaîne d'informations.

Quand j'ai appris que ma grand-mère était morte, j'étais dans mon appartement d'étudiante à Lyon. Je me souviens m'être assise sur le rocking chair et m'être dit que je n'étais pas là où je devais être pour étreindre ma mère. Suite à l'annonce j'ai décidé de regardé Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain qui dès ce jour est devenu mon film pansement.

Quand j'ai appris, abasourdie car ce n'était pas possible, l'attaque à Charlie Hebdo, nous étions dans notre appartement avec mon amoureux en train de regarder Canal+ et la tristesse de Mathieu Madénian. Je n'ai pas pu manger.

Quand le Bataclan était pris d'assaut, nous écoutions du punk dans un bar du coin avec nos groupes de potes. Le lendemain nous y étions de nouveau avec une tristesse et une colère adoucies par la bière qui coulait à flots. Pendant ce temps on violait notre intimité, pour la première fois nous étions cambriolés.

Quand j'ai fêté mes 35 ans en grande folie et entourée d'amis sincères, ma mère était hospitalisée pour sa première crise d'épilepsie qui marquerait le début de la fin.

Quand maman est morte je l'ai su et senti avant même d'écouter le message de mon père. Une sensation dans mon corps comme une dernière caresse alors que j'étais au travail entourée de gamins pour une animation. Mon frère était là et a compris aussi rapidement que moi.

Quand le temps s'arrête, de malheur ou de bonheur, il laisse une cicatrice dans nos cœurs comme une marque indélébile qui rappelle qu'il faut se souvenir.

dimanche 8 avril 2018

Ma petite Mamoune

Ma petite Mamoune (et oui, tu es et tu resteras ma mamoune quel que soit mon âge)

Nous arrivons à ce moment des adieux à la femme, la mère, la sœur, la grand-mère, la tante, la marraine, la cousine et l'amie que tu es et dont chacun gardera ses propres souvenirs.

Personne ne me contredira si je dit que l'épicurisme des bonnes tables se ressent dans la générosité de tes plats, que tu aimes rire même si tu ne connais pas de blague en entier, que le champagne pourrait être ton eau et ton parfum, que tu ne sors pas de chez toi sans être maquillée et parfumée, que tes cheveux sont aussi sacrées que tes bijoux, que ta coquetterie et ton élégance sont souvent remarquées, que tes câlins sont des coussins moelleux, que quand tu as une idée en tête tu ne l'as pas ailleurs (d'ailleurs, merci pour l'héritage), que tu t'indignes de l'injustice et de la bêtise, que tu t'impatientes vite, mais surtout que, quand tu aimes, tu aimes vraiment et que ton sourire illumine la pièce et nos cœurs.

Pour ma part, ma petite mamoune, j'oublierai les derniers moments et je retiens ces moments passés à buller devant la télé à refaire le monde, ces sessions shopping entre filles à Genève, ces moments gourmets partagés avec toi, papa et Lionel, ce karaoké dissonant sur "la java bleue", ton regard bienveillant sur mes choix même si tu ne les comprenais pas tous, ton inquiétude de mère bien dosée (sauf peut-être quand on allait afficher pour les Rockailles), nos confidences sur nos amitiés respectives et pas forcément sur nous, ta capacité à être une deuxième mère pour certaines de mes amies... Bref je retiens notre relation unique et belle sans être fusionnelle et qui nous ressemble.

Je ne pourrais m'empêcher de penser à toi en écoutant Muse, en voyant des paysages corses, en mangeant un tartare, en buvant du champagne, en regardant des rediff' de "Sous le soleil", en assistant à certains spectacles, en allant au cinéma, en regardant un Picasso, en votant, en apercevant une chevelure rousse, en relisant ta lettre pour mes 30 ans, en remarquant une mère inquiète d'avoir perdu son enfant dans les rayons d'un supermarché ou en entendant simplement le mot "maman".

Ma petite mamoune, tous ces moments, ces repères, ces souvenirs, sont des petites pierres qui, mêlées à celles semées par papa et piochées chez mes amis ont construit la femme que je suis aujourd'hui.
Tu es dans mon cœur et gravée dans ma peau : je t'aimais, je t'aime et je t'aimerais.

Signé : Ta perle   

samedi 18 novembre 2017

"Trop" de Jean-Louis Fournier (La Différence ou J'ai Lu)

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Jean-Louis Fournier est habitué à me faire rire et sourire grâce à ses romans ou à ses témoignages comme Veuf ou Où on va papa qui mélangent humour, amour, dérision et ironie.

Or ce livre aux airs de miscellanées humoristiques sur les thèmes de la surconsommation et de la surenchère (trop de propositions et trop de choix à faire) m'a assez vite ennuyée et m'a à peine décrochée un rictus.

C'était le livre de trop et à éviter mais il a l'air d'avoir repris la veine qui me plaît avec son dernier roman Mon autopsie... A suivre.