24 mars 2026

PACK SYMPATHIE

A tout donner 
tout le  temps, 
à s'essoufler autant, 
elle va, se détachant, 
ne plus s'aimanter.

Amour, amitié, 
elle aime absorber ;
son don d'empathie
l'en voir désolée.

Elle procure, cure et récure, 
les griffures, 
les blessures,
pour tout lisser... Enfin !

Nette et sans bavures, 
elle se dénude
de sentiments humains,
devenant un robot de la sympathie
avec des conseils tout prêts 
à consommer, sur place ou à emporter.

 

Texte écrit en mars 2006

 

 

 

29 juin 2024

AUX GARDIENS DE MA MEMOIRE

Comme les feuilles d'un arbre balayées par le vent,
mes souvenirs éphémères s'envolent avec le temps. 

Asséchés par leur virevoltes, ils mourront.  

Tels des papillons, si beaux qu'on veuille les conserver, 
mes amis, chassez-les pour ne pas les oublier !

Exposés dans vos cœurs ils perdureront.


Texte écrit pour le Gand Prix Poésie RATP - édition 2024 

 

 

15 mars 2023

BIBLIOTASQUE #19

 Aline

Les jours où rien ne va, je ressens comme un interdit d'avoir un succès fou et, regrettant les paradis perdus, je sais que je n'appartiens plus à la même tribu que Lou, Señorita ou Daisy qui flottent dans un océan d'amour.

Je m'assois et je vois les amoureux qui passent comme autant de marionnettes, main dans la main, suivant le sillon tracé par cette petite fille au soleil. Leur Dolce Vita devrait me paraître belle or je la vois dangereuse

Je ne t'ennivrerai pas de parfum d'histoires et de "oh non mon amour" bien que j'ai toujours pensé les mots bleus que je te disais. 

Je suis parti car même nue comme la mer, je ne t'aime plus mais... non ne raccroche pas ! Car lui, lui, je l'aime déjà et pour toujours... Alors s'il le plait parle-lui de moi au petit gars. 


Christophe



11 mars 2023

MINUIT

Minuit.

Les rues ne crient pas, le fleuve va d'une allure tranquille, les klaxons faciles dorment, les vitrines scintillantes se sont éteintes pour laisser place aux ponts éclairés sur lesquelles les âmes égarées se donnent rendez-vous. 

Tout paraît aspirer à la sérénité mais la monotonie du ciel gâche l'instant. La lune n'ose s'imposer, rien ne peut la pousser à se jeter dans la gueule du loup pour évacuer les idées noires.

Attirés, mes yeux se posent sur cet homme, au regard souriant et lumineux, en quête de beauté et de bonté, dans les rues du Vieux Lyon près du kiosque de Léon.

Je pose mon verre de vin à ma gauche, lorsqu'une odeur de lilas envahit mes narines et apporte un élan de couleurs dans mes pensées. Pourtant, je ne peux empêcher ma main droite d'être attirée par le noir. 

Le ciel, les rues, la ville, se transforment sous mes yeux et, dans mes mains, je modèle le monde comme je ne le veux pas mais tel qu'il est. 

Je ne m'y engouffrerai pas puisque cette silhouette, absente des pensées des aveugles pressés, m'attire vers elle et demande d'une voix douce : "Auriez-vous une pièce pour manger et un sourire pour survivre ?"

Je lui fait don des deux et garde en mémoire ce sourire que je lui emprunterai le temps d'une reproduction.  


Texte écrit en cours "d'écriture créative" en octobre 2004 et retravaillé en janvier 2026



16 janvier 2023

"Le Bonheur est au fond du couloir à gauche" de J.M. Erre (Buchet Chastel ou Pocket)

O O O O O

Michel H. (à ne pas confondre avec son idole Michel Houellebecq) est un adulte dépressif après avoir été un enfant triste et un adolescent cafardeux.
"A l'heure de la civilisation zapping qui change d'avis, de conjoint ou de Smartphone comme de chaussettes, ma fidélité à la mélancolie est assez rare pour être signalée"

Le jour où sa compagne, Bérénice, le quitte, après 3 semaines d'amour, il décide d'abord de se suicider puis il se ravise et choisit de se reprendre en main. Il se donne 12 heures pour remettre sa vie en ordre grâce aux conseils d'Internet, d'un marabout et des livres de développement personnel laissés par Bérénice... Et aussi grâce au Lexomil. 

Sa recherche du bien-être intérieur est prétexte à des élucubrations humoristiques sur sa vie, son parcours, ses voisins ou la société du bien-être qu'on nous assène et dans laquelle il doit survivre.

"Pourquoi Bérénice m'a-t-elle dit en partant que ses livres seraient utiles ? Comme je suis une personne intuitive, je sens que sa phrase recèle un message voilé.[...] Oui, c'est ça les livres ! 
Je déballe le carton que m'a laissé Bérénice et je passe sa bibliothèque en revue : La Formule du bonheur, La Clé du bonheur, L'Art du bonheur, Le Bonheur n'est pas loin, Le Bonheur est tout près, Le Bonheur est au fond du couloir à gauche, Le Bonheur est un pinson gracile qui chante à ton oreille, l'entends-tu ?, et Comment sortir de la mycose de l'ongle
Tout devient clair. Bérénice m'a laissé un message subliminal. Je comprends enfin pourquoi elle m'a quitté, la douleur nous conduit souvent à faire des choses absurdes. Elle a une mycose de l'ongle !"

C'est ma première rencontre avec l'univers de J.M. Erre dont j'entends parler depuis des années. Mais pourquoi ne l'ai-je pas fait avant !
J'aime cet humour, cette absurdité et cette fantaisie littéraire qui ne prétendent pas à autre choses que faire rire en réfléchissant et réfléchir en riant. Ça part souvent de clichés et de poncifs sur nos sociétés mais qui ne sortent pas de nulle part et qui, je pense, sont exploitables à l'infini. 

Conseillé dès 16 ans
(ou dès lors qu'on a le sens du second degré... Et ça peut arriver plus tard)