24 avril 2020

"Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins" de Alejandro Palomas (Le Cherche midi)

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Guille est un petit garçon de 9 ans un peu trop sensible et différent pour ses camarades de classe. Son comportement devient problématique lorsque son enseignante lui demande ce qu'il voudra faire plus tard et qu'il répond "être Mary Poppins".

Cette réponse ajoutée à son problème d'intégration (il n'a qu'une seule amie) le poussent à devoir aller consulter la psychologue scolaire.
Des échanges qu'il va avoir avec cette psy va ressortir le fond du problème : une mère absente + un père dépassé = une évasion dans un monde de contes de fées où la magie peut résoudre ou effacer les problèmes.

La construction chorale du livre, dans lequel chaque chapitre correspond à un personnage, donne un rythme à la hauteur de leur évolution à chacun et des situations qui se délient en apportant, petit à petit, les lumières autour du mystère de la mère.
C'est sobre, simple, bien écrit et construit de sorte à vouloir mieux connaître et comprendre Guille dans le monde qui l'entoure.

Une bonne évasion bien qu'il aborde des thèmes forts et traités avec suffisamment de distance et de pudeur.

Conseillé dès 14 ans

01 avril 2020

"Hey June" de Fabcaro et Evemarie (Delcourt)

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Dans cette BD de strips, on suit une journée dans la vie de June, la trentaine, dessinatrice, célibataire, un poil sauvage, qui n'aime pas les réunions de famille, ni les rencontres, et voit la vie avec un certain sarcasme.

Les titres de l'album et des strips font référence à des chansons des Beatles et la couverture fait écho à une pochette d'un de leurs albums. On les retrouve à certains moments de la journée de June, comme des amis imaginaires.

Sur le papier cet album était prometteur, c'est le genre de BD que j'affectionne et avec Fabcaro au scénario et Evemarie à l'illustration ça ne pouvait qu'être bon.
Malheureusement ce n'était pas à la hauteur de mes espérances en terme d'humour et de situations, bien que le format et l'illustration soient originaux, d'autant plus que Fabcaro, en plus de signer le scénario, fait une incursion dans l'illustration où l'on retrouve un de ses personnages qui rencontre June.

One shot - Conseillé dès 16 ans

25 mars 2020

"Joyeux suicide et bonne année" de Sophie de Villenoisy (Denoël)

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Sylvie, 45 ans, après la mort de son père fait le constat d'être orpheline, célibataire, sans enfants, sans chien, ni chat, dévouée à son boulot et sans vie sociale. Elle en convient donc que la seule option pour la suite est de mourir et que le bon jour, le jour J, sera celui de Noël, deux mois après la mort de son père.

Comme il lui reste deux mois à vivre, elle décide de mieux se connaître en parlant ouvertement à Franck, son nouveau psy. Des exercices pratiques, un travail sur elle et des grains de sables dans les rouages de sa vie vont la pousser à vivre avec plus de spontanéité et à voir les personnes qui l'entourent autrement.

J'ai découvert le nom de Sophie de Villenoisy avec un titre plus récente, La Reine des quiches, qui est dans ma liste de lectures.
L'écriture est simple, juste, rythmée par des rebondissements bien amenés et des phrases bien senties. On rit, on sourit alors qu'on pourrait pleurer selon ce que vit Sylvie et on se fait happer comme dans un film. 

On se doute de la fin mais pas de comment elle y arrivera....

Conseillé dès 16 ans

22 mars 2020

"Phoolan Devi : Reine des bandits" de Claire Fauvel (Casterman)

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Phoolan Devi est une de ces jeunes femmes indiennes qui, née dans une famille de très basse caste, n'avait pas d'autre destin tout tracé que celui d'être mariée jeune, et ce, dans l'intérêt de la famille.
Petite elle ne veut pas et ne comprend pas ce système, toutefois elle est quand même mariée de force à 11 ans à un homme de 20 ans de plus. Elle est violée et séquestrée des mois avant que ses parents ne la sauvent. Considérée comme impure et soupçonné d'un vol qu'elle n'a pas commis elle devient la paria de son village et est envoyée en prison ou elle sera de nouveau maltraitée. Son salut elle le doit à une bande de bandits qui lui permettront de lutter contre les injustices, de protéger les plus faibles et de prendre sa revanche sur la vie.

J'ai connu l'histoire de Phoolan Devi dans le tome 2 de Culottées de Pénélope Bagieu. On sait malheureusement que la vie de cette jeune femme indienne n'est pas unique, mais ce qu'elle a décidé d'en faire et le destin qu'elle s'est forgé, le sont. La manière dont elle se relève des situations sans en faire des drames alors qu'elle est traînée dans la boue et plus bas que terre est inspirante. Et, bien que ce soit compliqué pour elle de croire qu'un homme, autre que son père, puisse être bon, une présence masculine va l'aider à se construire.

La genèse de l'album (basé sur une biographie), le scénario et l'illustration en font un biopic, certes, mais surtout un livre nécessaire à mettre dans toutes les mains en se préparant aux passages de violences ou de viols qui sont durs, même si certains sévices sont suggérés.

One shot - Conseillé dès 15 ans

28 octobre 2019

"Moi, ce que j'aime, c'est les monstres - Livre premier" de Emil Ferris (Monsieur Toussaint Louverture)

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Dans un Chicago de la fin des années 60, plongée dans une vie de quartier où vivent plus de camés, de putes et d'âmes égarées que d'enfants, Karen, 10 ans, est une petite fille à part. Elle aime les fantômes, les vampires et les zombies qu'elle rencontre dans les comics de son grand frère et elle se voit comme un loup-garou.

Un jour, sa voisine Anka se suicide. Karen ne croyant pas à cette fin pour cette femme, endosse l'uniforme de détective, en plus de celui de loup-garou, pour découvrir ce qui s'est vraiment passé et pour mieux comprendre les liens d'Anka avec les habitants de l'immeuble et du quartier et avec les fantômes de son passé.
Ces recherches vont lui faire comprendre que les monstres sont partout et qu'ils sont des Hommes comme les autres... ou presque...

On entre dans l'univers de Karen, croquée tout au stylo bille sur papier ligné, comme dans un journal intime dont toutes les douleurs, les drames, les questionnements et les histoires des personnages nous assaillent.
Emil Ferris par le scénario et l'illustration nous transporte aussi dans son univers marqué par un lien particulier aux œuvres d'art aux sens cachés et fortes de vanités qu'elle reproduit avec habileté.

Ce premier tome est dense en termes de contenu, de relations, et d'images. Le trait d'Emil Ferris impressionnant et détaillée, nous transporte dans tous ces univers noirs, glauques, denses, sombres et faits d'ombres qui ponctuent le quotidien de Karen qui a besoin de sa carapace pour y évoluer et pour exister.

Série en cours - Conseillé dès 15 ans