26 août 2015

"King of Klub " de Luz (Les Échappés - Charlie Hebdo)

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Pour clore une saison de festivals et de fêtes sur la plage quoi de mieux qu'un pastiche grinçant du monde de la musique et de la nuit avec pour personnage principal David Guetta !

David et Cathy Guetta fuient une Ibiza menacée par un tsunami et se retrouvent propulsés sur une planète 100 % dédiée à la fête et aux DJ au détriment d'autres stars qui finissent dans les assiettes plutôt que dans les oreilles des noctambules...
Vincent Delerm est utilisé comme outil de torture, Pascal Nègre est le chef cuistot qui recycle Bjork en distributeur à glaçon ou Sébastien Tellier en saucisson tandis qu'un scientifique fou clone les DJ qui marchent.
Ce paramétrage est menacé par une rébellion menée par un Elton John sur le retour, par un groupe de gospel métal contre le formatage et par un David jamais au bon endroit...

C'est drôle, grinçant, rocambolesque, critique et vrai avec un humour qui rejoint "J'aime pas la chanson française" signé par Luz chez Hoëbeke.

A lire si vous aimez la musique, si vous n'aimez pas particulièrement Vincent Delerm et David Guetta et surtout si vous avez et aimez le second degré...

One shot - Conseillé dès 16 ans 

15 juillet 2015

"Far-niente" (Théophile Gautier)

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.

Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.

Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.


Issu de "Premières Poésies"

30 mai 2015

"Changer le monde" (Carl Norac)

Changer le monde commence dans ma chambre.
Changer le monde commence ici, dans un petit pays,
en poésie.
Je verrai les déserts ensuite.
Je suis changeur de monde, mais je vais à l'école.
Les montagnes et forêts me remercient de loin.
Changer le monde, j'y passe un de ces temps.
Fermer les centrales, donner plus d'ailes au vent,
parler à une étoile, qu'elle reste au levant,
protester dans la rue, rire partout ailleurs,
changer le monde avant que je comptes les heures,
que je devienne grand.
En fait, ça m'arrangerait
que vous changiez le monde avec moi.

08 mai 2015

Bibliotasque #11

Au croisement de la rue Salammbô et du bouvard et Pécuchet, un jeune homme s'arrête devant l'annonce d'un voyage en Orient.
     "- En novembre, est-ce pertinent ? "

Il ne voudrait pas céder à la tentation de Saint-Antoine l'obligeant à fuir la responsable de son éducation sentimentale désenchantée, reine du château des cœurs déçus. Il rit en imaginant sa vie de cœur simple définie dans un dictionnaire des idées reçues.

Après une hésitation et deux ou trois contes, il se porte candidat au voyage. Billets en main, pris à l'agence de Madame Bovary, il pense déjà aux futures lettres à Louise Colet qu'il n'enverra plus.


Gustave Flaubert

29 avril 2015

"Une histoire sans mots" de Xu Bing (Grasset)

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Tout est dit dans le titre : c'est une histoire sans mots et tout en pictogrammes qui raconte la journée d'un homme dont les préoccupations vont de son arrivée à temps au travail à la rencontre de sa possible âme sœur, en passant par ses rêves, ses envies, ses rencontres, ses soucis, ses mails et ce qu'il doit penser à faire.

On reconnaît facilement toutes les images et les intentions de cette histoire mise en page comme un roman mais dont la syntaxe est une suite de situations quotidiennes comme autant de petites cases de BD. C'est un déchiffrage avant d'être une lecture dont les codes s’acquièrent assez vite.

L'intérêt porte bien évidemment sur la forme plus que sur le fond mais on passe un bon moment.

Conseillé dès 16 ans