31 janvier 2015

"Les Crocodiles" de Thomas Mathieu (Le Lombard)

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Thomas Mathieu recueille des scènes quotidiennes de sexisme, de machisme ou de harcèlement de rue dont font preuve les crocodiles (les hommes) à l'égard des femmes. Ce n'est pas une fiction, ni un docu-fiction mais une liste de témoignages de femmes vivant des situations plus ou moins extrêmes mais toujours choquantes.

Ce n'est pas un brûlot féministe ce ne sont que des faits, relatés par un homme pour tous ceux qui sont prêts à l'entendre.
Le choix de représenter uniquement les crocodiles en couleur identifie les attaques, intentions ou regards de certains hommes, ce qui peut mener à une invasion de vert notamment dans les scènes de rue.

Par contre, au même titre que tous les animaux ne sont pas des prédateurs, tous les hommes ne sont pas des crocodiles et l'album aurait mérité quelques planches pour le rappeler.

Série en cours (2 tomes) - Conseillé dès 14 ans

24 janvier 2015

"Un océan d'amour" de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione (Delcourt - Mirage)

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Bretagne. Un mari pêcheur part en mer pour son gagne-pain quotidien mais son petit bateau sera pris dans les filets d'un monstre navire de surpêche. Ainsi s'engage un cumul d'aventures rocambolesques sur l'océan comme autant de contretemps à son retour. Sa femme, l'attendant au port, est prise en pitié par les autres bigoudènes mais elle ne se résigne pas à croire à la disparition de son amour et part à l'aventure pour le retrouver...

La quatrième de couverture donne le ton et fait rire avant même d'avoir ouvert l'album :
"Ingrédients : océan (eau, sel, détritus), amour (eau de rose, baisers, mariage), sardines, mouettes, crêpes, homard, Bigoudènes endeuillées, sauce (aventure, suspense, second degré, drame sentimental, rebondissements absurdes, gags désopilants), Che Guevara (0.5%), arôme artificiel de Vierge Marie."

On s'attache à ces personnages tant pour leurs tendresses, leurs combativités et leurs maladresses qui sont croquées parfaitement grâce à un découpage animé, à un dessin subtilement expressif et des couleurs magiques. On oublie qu'il est sans texte, on oublie que c'est un livre et on s'abandonne dans cet océan parfois désertique, tantôt animé et souvent malmené.

Une fable muette pleine d'amour, de réflexion et d'humour. Du bonheur en boîte à consommer sans modération...

Conseillé dès 13 ans

12 décembre 2014

"Pictologies : 150 films en bref" de Matteo Civaschi et Gianmarco Milesi de l'atelier H57 (Prisma)

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Les livres-jeux ne sont pas réservés aux enfants et l'atelier H57 l'a bien compris !

Le principe de Pictologies : 150 films en bref est simple et tient dans le titre : un film est résumé en pictogrammes sur une ou deux pages et le jeu est de deviner de quel film il s'agit.
Au fil des pages, on s'étonne et on rit en ponctuant chaque page tournée de "c'est bien trouvé" ou de "c'est quoi ce film ?"
Le seul bémol est la proposition d’interactivité entre le livre et une application mobile qui ne fonctionne pas très bien et n'apporte pas grand chose au livre.

Alors prenez-le comme il doit être pris soit comme un bel objet avec une maquette simple et actuelle. On peut le lire, seul ou accompagné, d'une traite ou par petit bout, selon si on a la fièvre du jeu ou non...

Idée cadeau pour un cinéphile


Conseillé dès 16 ans

05 novembre 2014

"Punk Rock & mobile homes" de Derf Backderf (Ça et là)

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L'ambiance est donnée dès le début : il est conseillé d'écouter une playlist punk pendant qu'on lit cette BD où l'on suivra l'évolution d'Otto, dit "le Baron", qui passera de looser grande gueule du lycée à star du milieu punk de son patelin au fin fond de l'Ohio.

Lui et ses deux meilleurs potes cherchent à s'évader de leur quotidien grâce à La Banque, scène punk locale. Leur récit de vie voit se suivre les filles du lycée, une vieille rombière du rock, un oncle propriétaire d'un parc de mobile homes (habités par des poivrots ou autres dérangés du bulbe), les Ramones et les Clash sur fond d'insouciance, de ville sinistrée, de cocasserie et de leçons de la vie.

C'est un récit initiatique avec une esthétique américaine en noir et blanc qui lui sied parfaitement. Il rappellera la jeunesse de certains et les fera rire, pendant que d'autres se diront qu'ils auraient aimé vivre cette jeunesse, alors que les derniers se verront bien loin de ce monde.

C'est donc le genre de BD qui ne laisse personne insensible mais qui n'est pas fédératrice pour autant...

One shot - Conseillé dès 16 ans

27 octobre 2014

"Le Jeune Lovecraft" (2T) de José Oliver et Bartolo Torres (Diabolo éditions)

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H.P. Lovecraft, avant d'être reconnu pour ses romans d'horreur, a eu une enfance durant laquelle il s'est construit dans un monde mêlant le réel au fantastique. Centré sur son imaginaire, il devra se confronter à la réalité des autres enfants tout en essayant de faire intervenir le surnaturel pour le sauver de situations délicates. Sans succès. Alors, cet admirateur d'Edgar Allan Poe s'évade du quotidien en écrivant ses premières histoires : des réécritures gores ou fantastiques de classiques de la littérature.

José Oliver et Bartolo Torres ont imaginé l’enfance de Lovecraft dans des planches courtes et humoristiques comme autant de souvenirs de sa vie dont on ne comprend pas tout si on ne connait son oeuvre, et c'est mon cas.
Même sans ces références je pense que l'idée est bonne et le dessin colle parfaitement à son univers cependant c'est une série inégale certainement due à ce choix de saynètes de vie.

Série en cours (3T) - Conseillée dès 15 ans