23 avril 2014

"Quand ils sont venus..." (Louis Needermeyer)

Quand ils sont venus
chercher les communistes
je n'ai rien dit
je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus
chercher les syndicalistes
je n'ai rien dit
je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus
chercher les juifs
je n'ai rien dit
je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus
chercher les catholiques
je n'ai rien dit
je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher
et il ne restait plus personne 
pour dire quelque chose.


Poème de Louis Needermeyer in "Paroles de Révoltes" chez Albin Michel


12 mars 2014

"Mauvais genre" de Chloé Cruchaudet (Delcourt)

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Paul et Louise se courent après depuis un moment quand enfin ils cèdent... et n'en restent pas là. Ils se marient, ils s'aiment. Mais même amoureux la première guerre mondiale ne les épargne pas et Paul sera appelé. Louise vit comme elle peut sans lui alors que lui voit des horreurs qu'il préférerait ne pas vivre. Avec l'envie d'en réchapper et de retrouver son amoureuse, il déserte. Cependant il quitte un enfer pour une prison, forcé de se cacher terré dans une chambre d'hôtel. Il trouve tout de même un moyen de sortir profiter du grand air et de la vie : se faire passer pour une femme. Il devient Suzanne. Cette liberté retrouvée redonne vie au couple qui rentre dans une autre clandestinité due à la confusion des genres...

S'inspirant d'une histoire vraie déjà relatée dans le livre La Garçonne et l'assassin, Chloé Cruchaudet trace, au gré d'un trait subtil, de couleurs magnifiques et d'une structure graphique adaptée au scénario, une histoire de vie singulière. Une vie faite d'amour, de sacrifices, d'égoïsme, de travestissement, de vice, de sortie de route, de violence, de choix et de pulsions et ce à cause d'un élément déclencheur de fatalité : la guerre.

One shot - Conseillé dès 15 ans

21 janvier 2014

"L'Atelier Mastodonte" de l'Atelier Mastodonte (Dupuis)

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Le mastodonte c'est Lewis Trondheim, vieux de la veille dans le royaume de la BD qui s'entoure d'une jeune génération pour créer un atelier de dessinateurs et partager le loyer.

L'Atelier Mastodonte c'est le récit des aventures qui se déroulent dans ce lieu de travail - ou presque -  vues par chaque locataire. Les planches se suivent et ne se ressemblent pas graphiquement mais font ressortir les caractères et les défauts de chacun avec autodérision ou acharnement. Trondheim est le petit maître, Guillaume Bianco veut devenir son jedi, Julien Neel est un grand enfant, Cyril Pedrosa trop écolo, Tebo est pipi-caca et pendant ce temps Alfred et Yoann bossent, ou presque. Les coulisses d'Angoulême se dévoilent et d'autres dessinateurs entrent en piste...

Même si cette entrée dans l'univers de la BD donne l'impression de faire partie de la team, tout n'est pas drôle et les gags sont répétitifs puisque vus sous plusieurs angles. L'album est sauvé par les planches de Guillaume Bianco et de Cyrils Pedrosa mais j'ai toujours du mal avec Trondheim. En plus ma part féministe a été déçue du fait qu'on ne croise jamais de femmes dans leur univers sauf dans les planches très limitées de Tebo.

One shot - Conseillé dès 14 ans

27 décembre 2013

"Le plus petit baiser jamais recensé" de Mathias Malzieu (Flammarion)

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Le chanteur de Dionysos a toujours créé des passerelles, plus ou moins abouties, entre ses romans et les albums du groupe. Il s'était égaré, à mon goût, sur le cycle Métamorphose en bord de ciel et Bird'n'Roll mais le voilà de retour avec Le plus petit baiser jamais recensé.
Certains le présentent comme la suite du très bon La Mécanique du coeur, je le vois plutôt comme un cousin de celui-ci dans une veine toujours poétique, drôle et fantasque qui serait le résultat de la fusion des mondes de Tim Burton, Michel Gondry et Amélie Poulain.

L'histoire est celle d'un inventeur dépressif qui rencontre une fille qui disparaît quand on l'embrasse. Après ce plus petit baiser jamais recensé il décide de la retrouver en employant tous les moyens. Il demande alors conseil à sa pharmacienne et à un détective à la retraite qui lui prête son perroquet pouvant enregistrer les voix. Après avoir eu le cœur brisé il est prêt à retomber amoureux de la mystérieuse fille invisible mais en sera-t-il de même pour elle ?...

Ce livre met le sourire aux lèvres et rend léger grâce aux situations et aux jeux de mots et de poésie qui se faufilent entre les lignes.
Posologie ? Pas de contre-indication, allez-y gaiement !

Si Mathias Malzieu veut faire partir une passerelle de ce livre j'espère qu'il la mènera vers un film plutôt que vers un disque...

Conseillé dès 16 ans

21 décembre 2013

"Canicule" de Baru d'après Jean Vautrin (Casterman)

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Dans un champ, au milieu de nulle part, sous un soleil de plomb, un homme, visiblement en fuite et pressé, cache un butin mais ne s'aperçoit pas qu'un gamin l'observe. Il décide de se cacher dans la ferme la plus proche qui s'avère être le pire endroit de déchéance et de haine où se planquer.
Habitée par un "patriarche" alcoolique libidineux et violent, sa femme froide saoulée par sa haine pour son mari, leur fille nymphomane et un poil barjot, la grand-mère asservie, son frère abruti de service et le petit dernier, bâtard, battu et envieux après avoir vu l'étranger cacher son butin, cette ferme est une vraie bombe à retardement.
L'arrivée de l'Américain et les conséquences qu'elle implique vont tout faire péter et faire sombrer la ferme dans une violence prévisible.

Je n'ai pas lu le roman de Jean Vautrin et peut-être qu'il vaut mieux que la BD. 
En même temps je n'ai jamais trop accroché avec le style de Baru. L'album a été présenté comme un essentiel dès sa sortie, il doit me manquer des références mais mon impression est qu'il est trop long ou mal découpé et qu'un autre dessin m'aurait certainement permis de mieux rentrer dans cette histoire. Et encore...
Tout roman n'est peut-être pas bon à transposer en BD.

One shot - Conseillé dès 16 ans