22 novembre 2012

"Les Folies Bergères" de Zidrou et Francis Porcel (Dargaud)

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Nous voilà immergés dans les tranchées françaises de la Première Guerre Mondiale alors que les troupes vivent en espérant des lendemains meilleurs, au point de baptiser leur camp "Les Folies Bergères" en hommage au fameux cabaret où elles comptent bien fêter la fin de la guerre.
En attendant un soldat pense à sa femme qui attend leur enfant, un prisonnier survit à une fusillade, un prêtre va être confronté à cette horreur, une hiérarchie pèse, une petite fille se retrouve dans le no man's land et la folie ne fait pas partie que du nom du camp mais de chacun.

L'histoire est forte, le scénario est bon, le graphisme est puissant par le trait et l'univers noir et blanc teinté de couleur quand la vie de ceux qui attendent est évoquée.
C'est vraiment une bonne BD que je la conseille vivement, pas seulement parce que j'adore le travail de Zidrou mais aussi parce qu'elle laisse perplexe une fois terminée.
Je reste sur ma faim quant au dessin qui aurait mérité d'être mieux mis en valeur en étant un poil moins sombre, et ce, sans dénaturer l'histoire.

Il faut parfois se concentrer pour distinguer les différents éléments d'une scène, et c'est certainement voulu, mais cela m'a gênée. Vous me direz : c'est un détail...

Conseillé dès 16 ans - One shot

08 novembre 2012

Bibliotasque #4

Oyez Gens de France et d'ailleurs !

Je, Francois Villon, je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps. Mon oeil de Pâques a trop souffert des longues peines, conséquences de la ballade pour un père oublié. Les lois de la gravité m'ont fait tomber assez bas pour que ma Darling fasse de moi un Montespan cocu bien triste.

Borderline, bord cadre et au bord du gouffre, je prends le métro Charly 9 et descends à l’arrêt Ô Verlaine pour enfin atteindre mon salut : le magasin des suicides. Mon choix se porte sur le poison "over the rainbow pour Rimbaud".
- "Mangez-le si vous voulez mais on ne fait qu'à emporter", me rappelle la vendeuse.

Je m’exécute à peine le pas de la porte franchi, j'entends peu à peu les bruits de la ville se mettre en veille et je m'éteins.


Jean Teulé

03 novembre 2012

"Le Magasin des suicides" de Oliver Ka et Domitille Collardey (Delcourt)

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Inspiré du roman de Jean Teulé (que je recommande vivement et avec insistance) cette BD nous fait entrer dans le magasin des suicides tenus par les sinistres cyniques Tuvache. Ils vendent une porte de sortie à ceux qui veulent en finir avec la vie à coup de pendaison, d'immolation, de poison ou de bonbons à l'arsenic. Fatalistes, pessimistes, un brin déprimés, mais pas suicidaires, les membres de cette famille mènent bien leur affaire à un détail près : le petits dernier de la famille, qui aime les couleurs, la musique festive, la beauté... Bref la vie ! Ce gamin mettra en péril - ou pas - la vie du magasin et de sa famille.

Bien que j'ai lu le roman il y a un moment, l’adaptation est fidèle. Le lecteur s'invite dans la maison des Tuvache comme dans une maison de poupées grâce au perspectives et aux "coupes transversales" des premières pages. Je ne connaissais pas le travail de Domitille Collardey qui prend soin à mettre du mouvement dans chaque pièce de cette maison et qui y livre des détails qui servent très bien l'histoire. Le coloriste, Max de Radiguès, a fait un super boulot appréciable notamment à chaque apparition d'Alan Tuvache.

La BD m'a fait autant d'effet que le roman et aurait pu aller jusqu'à me faire autant pleurer si la fin avait été développée sur plus de pages. Elle était un peu trop rapide à mon goût.

Conseillé dès 15 ans - One shot

31 octobre 2012

"La Liste de mes envies" de Grégoire Delacourt (JC Lattès)

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Jocelyne avait des rêves et des envies - de ceux l'ont croit possibles - comme être plus mince mais être gironde, être styliste mais devenir mercière, avoir ces deux parents auprès d'elle et pas une moitié de père et, enfin, avoir épousé le prince charmant.
Cependant elle doit, comme tout le monde, s’accommoder d'une vie qui lui paraît parfois lourde, et qu'elle finira par trouver pas si mal une fois qu'elle aura gagné (grâce à la loterie nationale) de quoi faire la liste de ses envies - même les plus futiles.

Ce livre a eu un succès inattendu et fulgurant lors de sa sortie mais bien mérité pour ne pas être qu'un effet de mode. Ça fait du bien une écriture simple avec une touche de poésie, une histoire simple sans trop d'esprit torturés et tortueux, bref un livre simple mais pas simpliste.
Il s'agit du bilan d'une vie et des choix qu'elle impose, de l'évolution de cette femme qu'on aime voir se prendre en main même si ce n'est simple pour personne. C'est une histoire qu'on n'aimerait pas vivre et en même temps qui pourrait si vite nous arriver.

C'est un livre que je conseille en toutes saisons et qui se lit facilement

Conseillé dès 16 ans

17 octobre 2012

"Sacrée Famille" de David Safier (Presse de la cité)

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Je connaissais David Safier de réputation mais je n'avais jamais mis le nez dans une de ses fictions. Et quelle erreur si elles sont toutes aussi drôles, décalées, fantastiques et bien écrites que Sacrée Famille !

C'est l'histoire d'Emma Wünschman, qui est devenue libraire par sacrifice alors qu'une belle carrière d'agent littéraire l'attendait avant qu'elle ne tombe enceinte. Une ado en rebellion, un jeune garçon à la limite de l'autisme littéraire et un mari absent plus tard, elle est confrontée à sa vie pas folichonne quand elle revoit une ancienne collègue agent à la vie merveilleusement "American way of life". Dans un élan de bonté celle-ci lui propose de rencontrer Stefenie Meyer pour qu'elle fasse une dédicace dans sa librairie qui a bien besoin de ce coup de pouce.
Tout ce serait pas trop mal passé si la petite famille Wünschman ne s'était pas pointée à la soirée, où rencontrer la diva des écrits vampiriques, déguisée en monstres. La honte, l'égarement, l'énervement, la frustration et la rencontre d'une sorcière malveillante les mèneront à se retrouver dans la peau de leurs personnages monstrueux : une momie, un loup-garou, un vampire et Frankenstein.
Et vous imaginez bien que tout ce beau monde ne va pas rentrer paisiblement chez lui et reprendre une activité normale...

On passe du point de vue d'un personnage à un autre avec un parfait enchaînement sans perdre le fil conducteur d'un histoire abracadabrantesque, qui est un roman et pas un roman fantastique, dans lequel nous suivons, avant tout, l'histoire d'une famille restée humaine et en crise...

Conseillé dès 14 ans